L’enfance

Enfant, être humain sans souci, jeune qui profite et ne se pose pas de questions.

Enfant petit être qui dit ce qu’il pense sans savoir ce que cela peut engendrer.

L’enfance, période où l’on se forge.

L’enfance période où se qu’on vit reste à jamais graver.

Aujourd’hui j’ai envie de parler de cette époque si belle mais qui je pense à laisser de grosses blessures.

Les enfants, ne se posent pas de questions, tout le monde s’entend juste comme ça, pour rien, on joue ensemble dans la cour de l’école, on se raconte ces petits secrets d’enfants mais en dehors on ne se connait pas.

Qui étais-je enfant?

Une petite fille vivant chez sa mère divorcée sans emploi, ayant déménagé dans une nouvelle ville.

A l’école, on ne connaissait pas cela, à l’école j’avais pleins d’amis.

Mais ils n’étaient pas comme moi, à la fin de chaque mois, ils avaient encore un gouter à la récré.

Depuis le début, j’avais remarqué des différences, ils avaient tous de beaux sac d’école avec héros de dessins animés, ils avaient presque tous les mêmes baskets. Des marques que je ne connaissais pas.

Malgré cela on s’entendait bien, car enfant on se fiche d’avoir des amis de même classe sociale.

La plupart du temps je m’en fichais aussi, maman m’a bien élevé et même si parfois je rêvais d’avoir les mêmes choses que les autres, je savais que ce n’était pas possible, mais ça ne me dérangeait pas.

Enfin presque pas.

Mais il y avait ces périodes, périodes où le lundi la première phrase que tu entends: ‘Alors t’as eu quoi comme cadeau?’

Tous les enfants adoraient raconter qu’ils avaient eu de trop chouette cadeaux, et des tonnes.

Moi comme eux je le faisais, toute joyeuse de partager.

Mais la phrase qu’on ne s’attend pas à entendre tombe : ‘ben c’est tout? ‘ et quand la réponse fut affirmative, le regard change. On sentait le ‘trop nul’. On se sent alors inférieur, on se demande pourquoi nous. Certes cette phrase n’était pas dite pour blesser mais malgré cela elle blesse du fait du naturel de la phrase. On se conçoit pas de vivre comme moi. Elle ressemble aux autres phrases ‘t’as pas de nouveau sac pour la rentrée?; tes chaussures sont troués, achète-t’en d’autres; d’ailleurs t’as toujours les mêmes’……

Bien sur, je n’y prêtais pas attention et continuais de jouer comme tout enfant. Mais au fond ça fait mal, mal d’avoir peur de perdre des amis et donc une enfance juste parce que la classe sociale ne le permet pas, juste pour des choses matérielles. Je voulais juste avoir des amis et je m’en suis fait, des amis qui t’emmène un petit gâteau car on voit que tu n’as rien à manger. Commence alors un sentiment de honte, l’enfant n’est pas préparé à cela. On ne veut pas montrer sa situation

Dans beaucoup de situations cela devient gênant, une sortie chez une amie un mercredi après midi, une aprem anniversaire un samedi où il faut offrir un cadeau qui n’est pas à la hauteur des attentes de l’enfant.

La plupart du temps je ne disais rien à maman, juste pour qu’elle n’ait pas à dire non et me voir triste.

L’envie restait donc secrète.

Idem pour les jeux, pendant que certains s’amusaient avec leurs nintendo 64, les autres dans les maisons de poupées barbies, moi j’étais dans ma chambre à dessiner des barbies sur une feuille, les découper et en faire mes jouets.

Mais je m’amusais car je ne connaissais pas d’autres jeux. Je ne connaissais pas le manque. Mais je l’apprenais chaque jour à l’école.

Je ne voulais pas me sentir différente.Je ne voulais pas qu’on m’ignore parce que je n’étais pas comme eux.

C’est ainsi que toute l’enfance  fut une enfance double, celle qu’on laisse voir aux enfants et aux autres ‘je suis comme vous’ et celle qui est cachée et qui reprend vie après l’école.

je me cachais si bien que personne ne savais. Même au collège, une prof surprise d’apprendre ma situation après 3ans.

Et là le regard fier : ‘continue de te battre’ comme un message à la fois d’espoir et de désespoir.

L’espoir de voir que malgré cette situation je semble vivre comme tous mes amis et que je me bats pour ne pas être vue différente, le désespoir de voir que l’on pense que dans une situation comme la mienne l’espoir est infime.

Je me suis toujours promise que lorsque ‘je serai grande’ je ne me priverai de rien. Et c’est là mon plus grand malheur.

Maintenant dès que je veux me priver je repense à cette enfance remplie d’amour où les choses matérielles étaient absentes. Ce vide, il semble que je veuille le combler pour oublier l’enfance.

Je n’arrive pas à me dire non.

Je sais que ce n’est pas raisonnable mais je le fais quand même.

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